Mardi. Après une rapide inspection de l'état des eaux, je me plante devant la porte du 5, rue du ruisseau jusqu'à ce que Pascal ouvre son échoppe! Bonne nouvelle, ma canne est arrivée avec un jour d'avance! Et effectivement, c'est du fort beau matériel que cette Rafale Power toute neuve, fraichement arrivée de l'usine! Bon, d'accord, les frais de port sont un peu durs à digérer, mais on les oublie bien vite dès la prise en main de la poignée liège encore intacte (pour combien de temps?!)! Après l'avoir longuement contemplée et commenté la qualité de sa fabrication, je me décide à la tester sur le champ. J'embarque douze gardonneaux et je démarre. Tout en remontant le chemin vers Chairière, j'aprerçois bon nombre de gros chevesnes planqués dans les bords. Ils n'attirent tout d'abord pas mon attention jusqu'à ce qu'une autre forme bien connue elle aussi se distingue dans un calme. Je m'approche pour vérifier...pas de doute, il s'agit bien d'un brochet! Il n'est certes pas bien gros, mais je décide tout de même de tenter ma chance. Hélas, lors de la descente de la pente abrupte qui me sépare de ma cible, mon pied glisse sur les feuilles mortes, entraine dans son mouvement une grosse pierre qui s'immerge en quelques secondes dans un "plouf" mémorable. Après avoir rétabli mon équilibre, je me penche pour constater qu'esox a levé le camp. "Bah, ce n'était qu'un brocheton!" me dis-je. N'empêche, ça fait râler! Après avoir parcouru encore pas loin de deux-cent mètres, je décide de tout de même tenter le coup de pêcher les berges. Je me laisse doucement glisser jusqu'à l'eau. Parfait, j'y suis! L'opération s'est effectuée dans le plus grand silence. Après avoir descendu la rivière de quelques mètres, j'aperçois un brochet posé sur le fond, dans un creux de la berge. Sans attendre, je déploie les derniers éléments de ma canne et lui expédie un petit gardon sous le nez. Tout se passe dans quelques centimètres d'eau à peine, aussi j'ai la chance de pêcher à vue. A la vue du poissonnet engourdi par le froid, le bec semble d'abord empaillé, jusqu'à ce que mon vif aie la mauvaise idée d'agiter la caudale. Aussitôt, le brocheton l'engloutit et l'emmène quelques mètres plus loin. Débrayage activé, je suis le poisson des yeux. Lorsque j'ai la conviction que la prise est assurée, je mouline et prends doucement contact...avant de placer un ferrage ample et puissant! Le poisson se débat quelques secondes, le temps pour moi de l'amener au bord et de m'en saisir. Il est piqué juste à la comissure des mâcheoires. Je le décroche délicatement et prends le temps de l'admirer sur un lit de feuilles mortes certes, il n'est pas gros, quanrante-cinq tout au plus, mais qu'est-ce qu'il est beau! Après une petite photo, je lui rends sa liberté.



